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EDITO
Près de 6 millions d’étrangers vivent en France, soit 8% de la population. Ils travaillent, généralement dans des secteurs pénibles et indispensables à l’économie et participent comme les autres travailleurs à la création de richesses dans le pays.
Ces travailleurs sont depuis de nombreuses années la cible de discours humiliants, discriminants et xénophobes.
La peste brune qui se déploie depuis des décennies a gagné les milieux économiques, qui font de l’étranger le bouc-émissaire idéal pour cacher les conséquences sociales du capitalisme, qui appauvrit par nature les travailleurs dans leur ensemble.
Loin de toute rationalité, c’est le règne de la peur où tout se mélange et devient confus : travailleurs étrangers, sans-papiers, origines ethniques, culture, religion et terrorisme.
Le patronat réussi à faire oublier à certains salariés qu’il est le premier oppresseur pour faire de l’autre travailleur, celui qui est étranger, un ennemi.
Le militant syndical est normalement indifférent à ces questions. Un militant syndical n’a besoin que de la qualité de travailleur, qu’importe sa nationalité, ni ses « papiers ». Pourtant certains, peuvent se retrouver perdus entre les différents statuts administratifs en perpétuelle évolution, et sont amenés à s’interroger légitimement sur les limites et la légalité de leur action.
Cela d’autant plus que les travailleurs étrangers sont devenus, par l’enchaînement de lois liberticides, des sous-prolétaires, sur-exploités grâce à une extrême vulnérabilité entretenue par un système coercitif où l’expulsion n’est jamais très loin.
Les situations que nous pouvons rencontrer syndicalement sont souvent dramatiques, menaçant des travailleurs de tout perdre, et leur famille avec.
Dans ce brouillard xénophobe, il est urgent de fournir aux militants de terrain les outils nécessaires à la défense de ces travailleurs. Car quel que soit leur statut, légal ou clandestin, ils n’en demeurent pas moins des frères en humanités, dotés de droits fondamentaux qu’il convient de faire valoir face au monstre froid étatique.
C’est pourquoi ce numéro spécial contient un guide des droits des travailleurs étrangers en France, réalisé en collaboration avec le cabinet d’avocats spécialisés SERRE ODIN EMMANUELLI.
Ce spécial est là pour aider chaque délégué pour défendre ces salariés.
Dans un environnement légal et parlementaire nauséabond qui tente désormais de contrevenir aux principes fondamentaux en opposant la volonté d’une majorité manipulée et terrorisée aux droits de l’Homme, l’organisation syndicale va être de plus en plus mise à l’épreuve sur ses fondements humanistes, solidaires et internationalistes.
Nos statuts, nos discours, nos résolutions, hier de jolis mots, de belles formules abstraites, seront demain des situations concrètes, en conflit parfois avec la loi.
Ils devront demeurer notre fil à plomb.
Renier nos fondations signerait notre dénaturation donc notre fin.
L’abaissement des droits des travailleurs étrangers, l’institutionnalisation assumée de l’exploitation de la main d’oeuvre, touchera tôt ou tard tous les travailleurs.
Il est donc urgent de s’y préparer pour combattre cette dérive liberticide et ce projet funeste.
SOMMAIRE
PARTIE 1 – Etrangers, migrants… de quoi parle-t-on ? 6
Immigration : un besoin patronal 7
Immigration, un pognon de dingue ? 9
Travailleurs immigrés : renvoyer ou exploiter ? 12
Immigration : agir pour les travailleurs 15
Conclusion : l’internationale contre les frontières 17
PARTIE 2 – Aspects juridiques 18
I. S’installer et travailler en France / Les ressortissants étrangers en situation régulière 20
II. Régulariser sa situation administrative en France / Les ressortissants étrangers en situation irrégulière 36
III. Les situations d’urgence 47
IV. Perspectives d’évolution 50