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EDITO
L’égalité, l’égalité entre les hommes et les femmes, le féminisme, sont, comme de nombreux autres combats, passés depuis quelques années à la moulinette libérale, qui dénature les luttes et les transforme en slogans de marketing politique.
L’égalité entre les femmes et les hommes est ainsi devenue depuis des années un passage obligé de la communication gouvernementale.
Une communication qui cache mal l’absence de véritables mesures en faveur de l’égalité. Encore une fois, c’est le rapport de force, et sa traduction médiatique, qui fait avancer les questions d’égalité comme à l’occasion du récent mouvement #Metoo, qui au-delà d’une libération de la parole sur les violences sexuelles et sexistes, a fait évoluer les mentalités sur les relations entre femmes et hommes avec le sujet fondamental du consentement.
Le consentement, au sens large, est au coeur des inégalités entre femmes et hommes.
Consentir, c’est choisir librement. Des différences entre femmes et hommes peuvent exister, mais sont-elles choisies ou obéissent-elles à des contraintes, aussi bien légales qu’économiques, sociales ou encore sociétales?
Si femmes et hommes jouissent aujourd’hui des mêmes droits, sont-ils également libres?
Non. Notamment au travail.
Outre les discriminations directes – toutes choses égales par ailleurs, les femmes gagnent en moyenne 10% de moins que les hommes – et indirectes – elles accèdent moins aux postes à responsabilité ou sont assignées à des emplois moins considérés -, le travail traite différemment hommes et femmes et participe à la perpétuation des rôles stéréotypés.
L’offre de travail n’est pas équivalente selon les secteurs. De nombreuses femmes subissent ainsi un temps partiel injustifié, donc de faibles rémunérations, souvent insuffisantes pour garantir une indépendance financière, comme notamment les salariés dits de la deuxième ligne.
L’organisation du travail demeure contradictoire pour les femmes :
Moralement conservateur par l’asymétrie des congés parentaux, le droit du travail influence largement la répartition des responsabilités familiales entre femmes et hommes.
Fondamentalement libérale, la concurrence permanente des individus fait de la disponibilité le principal critère de progression professionnelle.
Du fait de cette contradiction les femmes sont socialement moins libres de choisir leur parcours professionnel, de suivre une formation, de changer d’emploi, que les hommes.
Elles sont d’ailleurs deux fois plus concernées que les hommes par le burn out, qu’il soit professionnel ou parental.
S’attaquer aux stéréotypes de genre sans s’attaquer à ce qui les perpétue et les rend aussi lourds de conséquence, relève donc d’une injonction vaine.
Au contraire, rendre l’organisation du travail neutre vis à vis des stéréotypes de genre, c’est rendre le travail plus égalitaire, c’est soulager les individus des contraintes culturelles et, in fine, c’est accroître leur liberté. La lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes est donc un combat syndical et une obligation au sein du syndicat.
EDITO
Introduction : brève histoire des luttes féministes … p.6
Partie II – infographie … p.16
partie III – lutter contre les inégalités … p.22
Partie IV – Harcèlement sexuel et sexiste … p.50
Partie V – Femmes dans l’action syndicale … p.62