Suite à l’évolution de l’inflation au cours de l’année 2021 et à la revalorisation automatique du SMIC au 1er octobre de la même année, les organisations syndicales et patronales de la branche du transport aérien personnel au sol ont commencé à négocier sur les salaires minimums de la branche à compter de novembre 2021.
Au cours des multiples réunions qui ont ponctué ces négociations salariales, la Fédération FO de l’Equipement, de l’Environnement, des Transports et des Services a porté ses revendications sur la grille de salaires minima conventionnels :
– le premier coefficient de la grille doit se situer au dessus du SMIC afin d’éviter qu’il se retrouve systématiquement en deçà en début d’année suivante ;
– les premiers niveaux de la grille nécessitent un écart de 15 euros minimums entres eux ;
– augmentation de 3% de tous les coefficients ;
– réévaluation de la prime panier ;
– notification dans l’accord d’une clause de revoyure obligatoire à posteriori de la période estivale de 2022.
Après trois mois d’échanges et de négociations, un accord a été proposé à signature par la chambre patronale (FNAM). Ainsi, vous trouverez ci-dessous un tableau démontrant les augmentations virtuelles suite à la proposition d’accord salaires 2022, mais aussi, dans la partie grisée, les augmentations réelles :


Après analyse du tableau, nous constatons que la chambre patronale propose des revalorisations salariales allant de 3,2% pour les 3 premiers coefficients de la grille, puis évoluant de manière dégressive jusqu’au douzième coefficient. Néanmoins, et ici est le « tour de passe-passe », ces augmentations salariales 2022 sont appuyées sur la grille du dernier accord en date, celui de juin 2021. Cependant, l’accord de juin 2021 est désuet puisque non actualisé de l’augmentation automatique du SMIC à 1603,12 euros mensuels au 1er janvier 2022.
En réalité, la grille de salaires à partir de laquelle nous devrions négocier n’est pas l’accord 2021 mais une grille qui tient compte du fait qu’un salarié ne peut pas avoir une rémunération inférieur au SMIC en vigueur au 1er janvier 2022. C’est ce que l’on peut observer dans la partie grisée du tableau ci-dessus. Ainsi, les véritables augmentations dont pourraient bénéficier les salariés sont bien en deçà des augmentations des minimas conventionnels puisque le bas de grille était inférieur au SMIC.
C’est pourquoi, la FEETS-FO n’a pas signé cet accord qui ne revalorise pas à la hauteur nécessaire les salaires de la branche et qui conduit à un tassement de la grille. L’inflation est galopante, le coût de la vie augmente, le prix à la pompe est exorbitant. Les salariés de la branche du transport aérien méritent mieux que des miettes et doivent être pris en considération !
Paris, le 2 février 2022