L’encre des ordonnances MACRON est à peine sèche que la chambre sociale nous convie déjà à négocier une nouvelle possibilité pour embaucher des salariés … via le CDI DE CHANTIER !!!
Quésako ???
Selon les patrons, le CDI de chantier est un CDI … OUF ! La main sur le cœur, les patrons nous jurent donc que le CDI reste la règle …
Selon les patrons, le CDI de chantier est un contrat à durée indéterminée … qui prend fin à la fin du chantier pour lequel le salarié a été embauché ??? CHERCHEZ L’ERREUR
Selon les patrons, le CDI est un nouvel outil qui va révolutionner l’employabilité des salariés du secteur des autoroutes …
Selon les patrons, le CDI de chantier n’impactera pas le secteur viabilité …
Pour autant, ils sont restés très vagues, autant sur la définition d’un chantier ou d’une opération (élargissement de voies, PIA, plan de relance ?) que sur les activités concernées … c’est rassurant !
Dans un secteur où le dégraissement d’effectifs par tous les biais possibles (rupture conventionnelle, …) est monnaie courante, on a du mal à croire que ce nouvel outil permettra des embauches massives et sécurisera le parcours des salariés. Car les patrons affirment que le salarié embauché en CDI de chantier bénéficiera des mêmes droits en formation, rémunération, etc, que le salarié en CDI classique !!!
A se demander commment ils ont pu faire fonctionner leurs boites jusque lors …
A l’heure du tour de table pour connaître les positions des organisations syndicales sur le sujet, seules FO et la CGT ont clairement marqué leur opposition à toutes vélléités de PRECARISER les contrats des salariés !
Les autres organisations syndicales hésitent entre une avancée prudente, une volonté de définir clairement les notions de chantier ou d’opération, réfléchissent à voix haute en se disant que le CDI de chantier « c’est mieux que le CDD » … Aujourd’hui, il neige … il faut donc éviter les positions glissantes !
FO rétorque, le CDI de chantier n’a qu’une vocation :
« PRECARISER LES SALARIES, CONTENIR LA MASSE SALARIALE
ET RASSURER LES ACTIONNAIRES
POUR FO, C’EST NON ! »
Paris, le 6 février 2018