Carte professionnelle et titre de séjour : ce qu’il faut anticiper

Fiche pratique Sécurité privée — vos droits

Carte professionnelle et titre de séjour : ce qu’il faut anticiper

Sans titre de séjour valide, pas de carte professionnelle. Sans carte professionnelle, pas de vacation. Ces deux documents ont des dates et des délais différents : il faut suivre les deux.

La règle de base

Pour exercer une activité de sécurité privée, vous devez détenir une carte professionnelle délivrée par le CNAPS (code de la sécurité intérieure, art. L. 612-20). Si vous n’êtes pas ressortissant de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, cette carte suppose que vous soyez titulaire d’un titre de séjour vous autorisant à exercer une activité salariée en France. Votre situation professionnelle dépend donc directement de votre situation administrative : c’est le point sur lequel les agents étrangers de la branche perdent le plus souvent leur poste, alors que la difficulté était évitable.

Deux conditions qui ne s’appliquent qu’aux étrangers

Depuis la loi du 25 mai 2021, deux exigences supplémentaires conditionnent la délivrance de la carte professionnelle :

  • Cinq ans de titre de séjour : un ressortissant étranger ne peut demander une carte professionnelle que s’il est titulaire d’un titre de séjour depuis au moins 5 ans (loi n° 2021-646 du 25 mai 2021, art. 23).
  • Niveau B1 en français : depuis le 1er mai 2022, tout ressortissant étranger, y compris de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, doit justifier d’une connaissance de la langue française de niveau B1 au sens du cadre européen (décret n° 2022-198 du 17 février 2022 ; arrêté du 8 avril 2022 pour la liste des justificatifs acceptés).

Sur le premier point, soyez vigilant : la manière de décompter ces cinq années fait l’objet de contentieux, notamment lorsque le parcours comporte une interruption entre deux titres. Si votre situation présente une rupture, ne déposez pas votre dossier sans l’avoir fait examiner : rapprochez-vous de votre délégué FO ou de la Fédération.

Deux calendriers à tenir en même temps

Notez les deux dates d’expiration dès aujourd’hui, et comptez à rebours :

  • Titre de séjour : la demande de renouvellement se dépose au plus tard 2 mois avant la date de fin de validité, sur le portail ANEF (CESEDA, art. R. 431-4 à R. 431-8).
  • Carte professionnelle : la demande de renouvellement se dépose au moins 3 mois avant la date d’expiration, sur le téléservice DRACAR du CNAPS. Une demande déposée plus de 6 mois à l’avance n’est pas traitée. La carte est valable 5 ans.

Le renouvellement de la carte suppose par ailleurs d’être à jour de votre formation continue (MAC). Anticipez : si votre employeur tarde à programmer le stage, signalez-le à votre délégué FO sans attendre la dernière minute.

Si votre titre de séjour est en cours de renouvellement

Lorsque la demande a été déposée dans les délais et que le dossier est complet, la préfecture délivre un récépissé ou, via l’ANEF, une attestation de prolongation d’instruction. Ce document justifie de la régularité de votre séjour pendant l’examen du dossier.

Vérifiez la mention portée sur ce document : c’est elle qui indique si vous êtes autorisé à travailler pendant cette période. Conservez-en une copie et transmettez-la à votre employeur. L’administration dispose de 4 mois pour répondre ; passé ce délai sans réponse, la demande est considérée comme refusée, et vous disposez alors de 2 mois pour former un recours.

Si votre carte professionnelle expire pendant l’instruction

Si vous avez déposé votre demande de renouvellement dans les délais et que votre carte arrive à expiration avant la décision, le CNAPS délivre un récépissé valable 3 mois, renouvelable, qui vous permet de continuer à travailler en attendant. Ce récépissé n’est pas automatique : vérifiez qu’il figure bien dans votre espace personnel DRACAR, et gardez-le sur vous en vacation.

Ce que vous risquez sans carte ni récépissé valide

Exercer une activité privée de sécurité sans carte professionnelle est un délit puni de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende (art. L. 617-1 du code de la sécurité intérieure). Le CNAPS peut également engager des poursuites disciplinaires. Votre employeur, lui aussi, engage sa responsabilité s’il vous fait travailler dans cette situation : aucune pression sur un planning ne justifie de prendre ce risque.

Les conseils de la FEETS-FO

  • Inscrivez les deux dates d’expiration dans votre téléphone, avec une alerte 4 mois avant.
  • Conservez systématiquement la preuve de dépôt de vos demandes, en ligne comme en préfecture.
  • Ne laissez pas votre employeur vous retirer du planning sans vérification : si vous détenez un récépissé valide, faites-le constater par votre délégué FO.
  • En cas de refus, ne restez pas seul avec le courrier : les délais de recours sont courts et ne se rattrapent pas.
  • Prévenez votre délégué FO dès le premier retard, pas une fois la carte expirée.

Cette fiche est une information générale. Chaque situation individuelle (refus de titre, refus ou retrait de carte, licenciement) appelle l’examen d’un professionnel du droit. Contactez votre délégué FO ou la Fédération, qui vous orientera.

Contact : Dominique Deschamps, Secrétaire fédéral en charge de la prévention sécurité, ddeschamps@feetsfo.fr, 06 85 12 96 90