Le tract de Force Ouvrière ne parle pas d’une abstraction statistique. Il parle du plein qu’on hésite à faire, du frigo qu’on regarde deux fois avant de le remplir, de la facture qu’on repousse d’un mois. Pour les agents de sécurité privée, cette réalité se double d’une contrainte propre au métier : ils n’ont pas le choix du mode de transport.
Le 11 septembre 2026, le gazole atteint 2,299 €/litre et le SP95-E10 2,128 €/litre. Une semaine plus tôt, ces prix s’établissaient à 2,274 € et 2,105 € : la hausse ne s’arrête pas. Le baril de Brent s’échange autour de 106 dollars, contre 70 dollars début juillet : la fermeture du détroit d’Ormuz depuis février, dans le sillage du conflit entre les États-Unis et l’Iran, tire les prix vers le haut. Le gouvernement a prolongé l’aide aux grands rouleurs, 100 euros pour environ trois millions de salariés obligés de prendre leur voiture pour aller travailler. Cette aide ne couvre même pas un plein complet de gazole au tarif actuel.
Un agent de sécurité travaille rarement à heures fixes ni près de chez lui. Les vacations de nuit, les postes de 12 heures, la modulation du temps de travail sur douze semaines, des plannings que les transports en commun ne suivent pas. Un entrepôt logistique en bord d’autoroute, un centre commercial qui ouvre à 6 heures et ferme à minuit : la voiture devient une obligation pour tenir le poste. Et le trajet domicile-travail, contrairement au déplacement entre deux sites dans la même journée, n’est pas rémunéré.
Face à cette dépense imposée, les salaires ne suivent pas. Chaque hausse à la pompe rogne directement ce qui reste pour le loyer, les courses, l’énergie.
C’est cette équation que Force Ouvrière refuse. Le tract fixe deux revendications : blocage du prix des carburants à 1,50 euro le litre et action immédiate sur la fiscalité. Pour les agents de sécurité privée, cette revendication conditionne la capacité même à se rendre au travail. La Fédération relaie ce tract sur cette page et invite chaque adhérent, chaque section, à le diffuser sur les sites et à le porter jusque dans les réunions avec l’employeur. Un salarié qui doit choisir entre rouler et manger n’a pas à subir en silence.