Par lettre de mission en date de juillet 2022, L’IGA (Inspection Générale de l’Administration) a été chargée de coordonner une mission d’évaluation des secrétariats généraux communs départementaux, à laquelle participent l’ensemble des inspections générales des ministères de l’Administration Territoriale de l’État. Après avoir conduit plus d’une vingtaine de déplacements dans les services en hexagone et outre-mer, la mission a souhaité recueillir le point de vue des représentants des personnels sur l’organisation et le fonctionnement des SGCD, tant pour les personnels qui y travaillent que pour ceux qui sont soutenus par ces services en matière de support (en particulier en DDI).
A ce titre, FO-DDI a participé à une audition organisée par la mission le 21 mars 2023, pour témoigner de la situation :
– des 1500 agents des DDI qui ont rejoint les SGCD le 1er janvier 2021 (dont les positions administratives ne sont parfois pas conformes aux engagements initiaux, comme la mise en PNA à durée limitée, et qui souffrent des conditions d’exécution de leurs missions et de la perte de leur intérêt)
– des 600 agents qui ont refusé de le faire
– du nombre non-mesuré mais non négligeable d’agents qui ont décidé de revenir en DDI (souvent punis en étant privés de CIA en 2022)
– des 27 000 agents des DDI bénéficiaires des missions support des SGCD (qui souffrent de l’éloignement et de la déshumanisation du service, ainsi que de l’alourdissement des procédures)
FO lui a transmis en synthèse le bilan dressé après 15 mois de dysfonctionnements, toujours d’actualité, dont les agents ne sont nullement à à l’origine mais bien les victimes.
Les problématiques soulevées dès l’origine :
– le principe de la mutualisation qui éloigne les bénéficiaires du service et appauvrit l’intérêt et l’attractivité des postes
– des objectifs sous-tendus explicites : faire des économies de moyens, transformer un peu plus les DDI en services de prioritairement dédiés aux besoins directs du Préfet, affaiblir voire supprimer les chaînes ministérielles
– des modalités de mise en place totalement précipitées, en pleine crise sanitaire et restructuration globale des services de l’État (création des DDETS/PP notamment), sans même respecter les engagements pris (référents de proximité dans chaque DDI par exemple)
Les constats après 2 ans d’exercice :
– le ministère de l’Intérieur amené à reconnaître l’existence de 10 « irritants » (c’est tout dire!!!)
– un jeu perdant/perdant
– une complexification des procédures sans accompagnement, qui font parfois « oublier les droits » ou renoncer à leur usage (formation par exemple en lien avec la lourdeur pour les frais de déplacement)
– la disparition de contacts humains
– une désorganisation globale y compris en matière de RH
– plus de réponses directes, juste des tickets ou des renvois vers « google » pour trouver des réponses
– des dysfonctionnements bureautiques qui perdurent
– des DDI qui passent souvent au second plan des priorités des SGCD, dans l’incapacité parfois à organiser leurs instances de dialogue social puisque le SGCD n’est pas en mesure de les organiser
– une méconnaissance des particularités ministérielles renforcé par le recrutement de collègues contractuels sans sans aucune acculturation
– des mesures d’harmonisation plutôt vers le bas et sur le niveau de référence du seul ministère de l’Intérieur
– de la souffrance au travail à la fois en SGCD et en DDI
A 2 ans en général on marche déjà…pour les SGCD on en est très loin !
Alors comment « remettre les bœufs avant la charrue »?
Si le ministère de l’Intérieur a été amené à établir une charte pour les SGCD, il est clair que la pommade ne viendra pas calmer l’ensemble des irritants.
A défaut d’avoir écouté et entendu nos alertes préalables à la mise en place des SGCD, les décideurs et responsables doivent désormais tout mettre en œuvre pour éviter le pire.
– donner aux agents des SGCD les moyens d’assurer leurs missions (effectifs, financiers, matériels, formation) et redonner du sens à leurs missions en remettant « de l’humain », notamment de la proximité physique
– établir la collégialité du pilotage des SGCD, mettre en place des référents par ministère en matière de RH à proximité des agents concernés (remettre en place des services RH de proximité en DDI…les élections professionnelles se seraient passées autrement!), et les ouvrir aux agents des DDI sans chantage à l’obligation d’intégration aux corps du MI
– Donner des gages en matière d’harmonisation vers le haut et non vers le bas (remettre 2 cycles de mobilité annuels par exemple)
– Ne pas étendre la tache d’huile SGCD au niveau régional !