Rapporteure spéciale de la mission « Administration générale et territoriale de l’Etat », madame la Sénatrice Isabelle BRIQUET, a été chargée d’une mission de contrôle sur les secrétariats généraux communs départementaux.
A ce titre, FO-DDI a participé, à son invitation, à une table ronde au Sénat le 19 mai 2022 pour témoigner de la situation :
– des 1500 agents des DDI qui ont rejoint les SGCD le 1er janvier 2021
– des 600 agents qui ont refusé de le faire
– du nombre inconnu mais non négligeable d’agents qui ont décidé de revenir en DDI
– des 29 000 agents des DDI « bénéficiaires » des missions support des SGCD
FO lui a remis en synthèse le bilan dressé après 15 mois de dysfonctionnements (consultable ICI) dont les agents ne sont nullement à l’origine mais bien les victimes. Des constats qui ont semblé renforcer ses premières impressions!
Les problématiques soulevées dès l’origine :
– le principe de la mutualisation qui éloigne les bénéficiaires du service et appauvrissent l’intérêt et l’attractivité des postes
– des objectifs sous-tendus explicites : faire des économies de moyens, transformer un peu plus les DDI en services de préfecture, affaiblir voire supprimer les chaînes ministérielles
– des modalités de mise en place totalement précipitées, en pleine crise sanitaire et restructuration globale des services de l’État (création des DDETS/PP notamment), sans même respecter les engagements pris (référents de proximité dans chaque DDI par exemple)
Les constats après 15 mois :
– le ministère de l’Intérieur amené à reconnaître l’existence de 10 « irritants » (c’est tout dire!!!)
– un jeu perdant/perdant
– une complexification des procédures
– la disparition de contacts humains
– une désorganisation globale y compris en matière de RH
– plus de réponses directes, juste des tickets
– des DDI qui passent souvent au second plan des priorités des SGCD, dans l’incapacité parfois à organiser leurs instances de dialogue social puisque le SGCD n’est pas en mesure de les organiser
– des mesures d’harmonisation plutôt vers le bas et sur le niveau de référence du seul ministère de l’Intérieur
– de la souffrance au travail à la fois en SGCD et en DDI
A 15 mois en général on marche déjà…pour les SGCD on en est très loin !
Alors comment « remettre les bœufs avant la charrue »?
Si le ministère de l’Intérieur a été amené à établir une charte pour les SGCD, il est clair que la pommade ne viendra pas calmer l’ensemble des irritants.
A défaut d’avoir écouté et entendu nos alertes préalables à la mise en place des SGCD, les décideurs et responsables doivent désormais tout mettre en œuvre pour éviter le pire.
– donner aux agents des SGCD les moyens d’assurer leurs missions (effectifs, financiers, matériels, formation) et redonner du sens à leurs missions en remettant « de l’humain »
– établir la collégialité du pilotage des SGCD, mettre en place des référents par ministère en matière de RH, et les ouvrir aux agents des DDI sans chantage à l’obligation d’intégration aux corps du MI
– Donner des gages en matière d’harmonisation vers le haut et non vers le bas (remettre 2 cycles de mobilité annuels par exemple)
– Ne pas étendre la tache d’huile SGCD au niveau régional !