Retrouvez la déclaration de FO en ouverture du Comité Social Ministériel du 29 janvier 2026.

Monsieur le Président
Mesdames, messieurs,
Chers camarades,
Les années se suivent et se ressemblent puisque le premier CSAM de cette année 2026 s’ouvre comme 2025 en mode « services votés ». Mais pas n’importe quels « services votés » puisque la cuvée 2026 est encore plus âpre, soumise à des rigidités renforcées imposées par Bercy. D’où notre demande que leur impact sur les différents budgets du pôle ministériel, y compris en matière de fonctionnement, de RH et d’action sociale puisse être présenté en séance. Demande acceptée et nous pourrons donc y revenir dans les débats.
A l’heure où nous ouvrons cette séance, la perspective de l’adoption d’un budget « à la mode 49-3 » semble tenir la corde, autre similitude avec l’année 2025. Sans présager de ce qui en ressortira précisément si le processus va à son terme, il n’y a rien de bon à en attendre ni pour les agents publics en général, ni pour les agents du pôle ministériel (nous avons cru comprendre que la copie finale est encore pire que celle présentée en CSAM budgétaire). Au « janvier sobre » à la sauce « services votés », pourrait succéder un « reste de l’année à la diète » en mode « 49-3 ». Nous ne répéterons pas ici tout le mal que FO pense de tout cela, nous ne gâcherons pas le temps de l’instance à vous questionner sur des sujets pour lesquels vous aurez beau jeu de renvoyer à « ailleurs », « plus tard »…
Mais comme en 2025, nous demandons l’organisation d’un CSAM budgétaire tirant les leçons d’un potentiel budget adopté via 49-3.
Renvoyer à plus tard « les questions qui fâchent parce qu’elles coûtent » ne nous les fera pas oublier pour autant, et nous les gardons bien au chaud !
Cela ne nous empêche pas de vous adresser notre liste de bonnes résolutions qui ne coûtent pas grand-chose, si ce n’est de la bonne volonté, et notamment :
– permettre l’organisation du temps de travail en 4,5 jours en horaires variables, avec possibilité de récupération d’une journée par mois (ce qui permettrait de renvoyer l’ascenseur à l’équivalent 500 agents en situation de travail dissimulé), tout en interdisant l’imposition généralisée du forfait cadre pour mettre la poussière sous le tapis (comme au CEREMA).
– augmenter les indemnités d’astreinte, a minima dans un premier temps à hauteur du niveau adopté dans un autre grand ministère (une goutte d’eau budgétaire pour reconnaître la mobilisation des agents pour la continuité du service public, sans attendre d’autres avancées en matières statutaires et de service actif).
– respecter le droit de grève en interdisant le recours abusif aux maintiens dans l’emploi, comme à Météo-France, ou précédemment en DIR comme par exemple dans les PCTT – CIGT.
– respecter les représentants du personnel en ne trahissant pas sa parole ou en cherchant à remettre en cause la leur, comme a tenté de le faire VNF en matière d’accompagnement des restructurations.
– informer systématiquement et préalablement les agents de toute ponction salariale quel que soit son motif avant transmission à la DGFIP pour mise en œuvre.
– reconnaître statutairement la réalité des missions de nos collègues médiateurs du Parc national de La Réunion, leur expertise acquise sur le terrain et leur rôle fondamental dans la protection de la biodiversité et la médiation avec les populations locales.
– réellement améliorer et ré-humaniser les processus de mobilité en sauvegardant la pré-éminence d’un cycle principal de printemps à prise de poste en septembre, unique levier pour permettre les mobilités familiales dans le respect des priorités légales.
– rétablir des lieux de concertation sur les sujets mobilités/promos (cela permettrait d’éviter des crashs issus de dysfonctionnements de l’administration qui n’auraient pas pu exister en format CAP, comme récemment pour certaines promotions en Outre-Mer).
Et enfin que les décideurs précaires du moment puissent reprendre une respiration avant de se (re) plonger dans le grand n’importe quoi qui se payera lui très cher à moyen et long termes, quitte à prendre par exemple connaissance du récent rapport du CESE sur l’État des infrastructures de la Nation et les besoins d’adaptation aux enjeux climatiques. La démonstration criante dans ce domaine, transposable à bien d’autres, que l’heure ne devrait pas être à chercher à supprimer les compétences techniques de l’État en les émiettant par déconcentration/décentralisation, mais bien à les renforcer et les reconstituer pour affronter les enjeux à venir ! Rien que pour les ponts à gestion communale, le rapport a montré qu’on en a à peine un quart en bon état, et un autre quart qui nécessiterait des travaux immédiats (le reste étant dans un état intermédiaire). Où est l’ingénierie publique pour y faire face ?
Quelques résolutions qui, si elles étaient suivies des faits, constituerait un signal pour l’ensemble de nos collègues dont le baromètre social nous dresse un portait robot, certes lissé par le format de questionnement, mais édifiant :
Parfois le moral dans les chaussettes, souvent la tête dans le sac mais la fierté au cœur et la tête haute !
C’est bien de soutien, de reconnaissance et de valorisation que méritent les agents du pôle ministériel. Nos représentants dans les différentes instances locales et nationales sont prêts à poursuivre le combat pour y contribuer. Reste en cette année électorale qu’ils ne soient pas découragés de manière implicite, voire empêchés explicitement, qu’aucune entrave au droit syndical ne soit appliquée, que la chaîne hiérarchique dans son ensemble arrête de considérer que le fonctionnement du dialogue social est une variable d’ajustement de la pression du quotidien professionnel.
Je vous remercie.