Retrouvez ci-dessous la déclaration préalable de FO en ouverture du CSA des DDI du 18 mars 2026, et en version audio ICI.

CSA des DDI du 18 mars 2026
Déclaration de FORCE OUVRIERE
En première ligne et relégués en 2ème division : c’est NON !
Monsieur le Président
Mesdames, messieurs,
Chers camarades,
Nous ouvrons ce CSA de réseau dans un contexte général particulièrement instable et anxiogène. Crises internationales, tensions budgétaires, multiplication des événements climatiques extrêmes, fragilisation du modèle social : les incertitudes s’accumulent et interrogent la capacité de l’action publique à anticiper, protéger et accompagner la société.
Dans ce contexte, les agents des Directions départementales interministérielles occupent une place stratégique. Leur travail quotidien consiste précisément à inscrire les enjeux de long terme dans les décisions publiques locales : sécurité sanitaire et alimentaire, protection de l’environnement, prévention des risques, solidarités avec les plus faibles, aménagement du territoire, réponse aux besoins majeurs en matière de logement, sécurité des établissements recevant du public, contrôles économiques et respect du code du Travail, accompagnement des politiques agricoles ou encore gestion des crises.
Autrement dit, les agents des DDI contribuent à endiguer en amont les crises de demain.
Mais ils sont également, chacun le sait ici, en première ligne lorsque la crise survient.
Qu’il s’agisse de gérer des inondations, de contribuer aux commissions de sécurité dans les établissements recevant du public, de contrôler la régularité de l’affichage des prix du carburant ou de répondre aux urgences sanitaires ou alimentaires, les agents des DDI sont mobilisés à l’instant T, souvent dans l’urgence et sous forte pression.
Être en première ligne pour protéger la population devrait logiquement conduire à reconnaître pleinement la place des DDI dans l’architecture de l’État territorial.
Or, le constat dressé par FO est tout autre.
Les agents des DDI ont aujourd’hui le sentiment d’être relégués en deuxième division de l’ATE.
Fermeture d’implantations territoriales, baisse continue des effectifs, fermetures d’accueils physiques pour les usagers, fonctionnement de plus en plus piloté en mode « cabinet », nouvelles restructurations qui se profilent, perspective d’un nouveau projet de loi de décentralisation qui pourrait à nouveau fragiliser les compétences de l’État territorial…
À cela s’ajoutent un sentiment de déclassement budgétaire dans l’attribution des moyens, une gestion RH souvent défaillante, et des sujets très concrets de reconnaissance professionnelle qui restent en suspens, comme les indemnités d’astreinte, qui demeurent très insuffisantes au regard des contraintes imposées aux agents.
Voilà aujourd’hui, pour beaucoup d’agents, la « récompense » de celles et ceux qui assurent le dernier kilomètre du service public républicain.
Pour FO, la priorité doit donc être simple et claire : traiter concrètement et rapidement les difficultés rencontrées par les agents des DDI.
Plusieurs sujets inscrits à l’ordre du jour de cette instance y renvoient directement. Nous pensons notamment aux questions relatives aux moyens budgétaires, aux restructurations ou encore aux sujets que FO a demandé à inscrire concernant le réseau CCRF et les indemnités d’astreinte.
Ces sujets ne sont pas secondaires. Ils conditionnent directement les conditions de travail, l’attractivité des postes et la capacité même des services à remplir leurs missions.
Lors de nos déplacements en départements, nous constatons partout la même chose : une fatigue profonde des équipes, un sentiment de perte de sens, et parfois une souffrance au travail bien réelle.
Dans ce contexte, FO le dit clairement : tout débat sur une méthode qui conduirait, un jour peut-être, à un accord à la portée incertaine ne saurait remplacer des décisions concrètes et rapides sur les problèmes quotidiens rencontrés par les agents.
Il est en revanche un sujet qui, lui, ne peut attendre : la question de la rémunération des agents publics.
La situation devient préoccupante. Sans revalorisation réelle, de plus en plus d’agents de l’État risquent de se retrouver dans une situation où leur engagement au service du public ne leur permet plus de vivre dignement de leur travail. FO le dit clairement : les agents publics ne doivent pas devenir les travailleurs pauvres de la République, risque renforcé par les ponctions inadmissibles sur salaire en cas de maladie, ou par les erreurs de gestion de l’administration.
Les agents des DDI méritent du soutien, de la reconnaissance et de la valorisation.
Nos représentants dans les instances locales et nationales continueront à se battre pour cela. Mais en cette année électorale, encore faut-il qu’ils puissent exercer pleinement leur mandat.
FO sera particulièrement vigilante pour que :
- aucune entrave au droit syndical ne soit pratiquée,
- les représentants du personnel ne soient ni découragés implicitement, ni empêchés explicitement d’exercer leurs missions,
- et que la chaîne hiérarchique cesse de considérer le dialogue social comme une variable d’ajustement face aux contraintes du quotidien professionnel,
- que les instances et représentants des DDI, à tous les niveaux, ne soient pas contournés par le MI sur les sujets qui concernent les agents des DDI,
- que les ministères ne se dédouanent pas de leur responsabilité d’employeur en excluant les agents des DDI du périmètre de certains accords portant sur des champs ministériels.
Enfin, pour conclure cette déclaration préalable, FO souhaite rappeler l’urgence d’apporter une réponse à nos camarades de Corse sur la question de la restauration collective. Ce sujet appelle des réponses rapides et concrètes, au-delà du débat plus global que nous aurons prochainement en F3SCT sur la base du rapport de l’Inspection générale de l’administration.
Pour FO, la reconnaissance des agents des DDI ne doit pas rester un principe abstrait.
Elle doit se traduire par des décisions tangibles et immédiates.
Nous y veillerons.
Je vous remercie.