Avenir du régime indemnitaire des corps techniques: enfumage à tous les étages!

Un an de faux discours et de turpitudes ! C’est le constat que nous a offert de voir le cabinet de la Ministre, lors d’une réunion ce 5 juillet, avec le spectre de la bascule au RIFSEEP des corps techniques réapparu brutalement. Mais, cette fois, issu de la seule volonté de notre Ministère !

Cette remise en cause de la dérogation au RIFSEEP, obtenue en juin 2020 uniquement grâce à la mobilisation des personnels sous l’impulsion de FO, constitue une nouvelle rupture du contrat social, qui plus est inconséquente vis à vis du maintien de la compétence collective et des capacités d’action au sein du Ministère.

Théâtraliser une annonce de cette manière, pour masquer la gifle administrée par le Conseil d’État pour cause d’inaction à résorber une inégalité de traitement manifeste et n’avoir pas été capable de gérer « à la main » une centaine d’agents intégrant le corps des ITPE est déjà symptomatique en soit.

S’entendre dire que cela impliquerait de modifier le régime indemnitaire de 15 000 agents est pathétique. C’est juste une manœuvre de ceux qui veulent enterrer les corps techniques au même titre qu’ils ferment leurs écoles de formation, et qui s’assoient sur un engagement ministériel par opportunité ou qui n’avaient jamais eu l’intention de le tenir.

Aller ainsi à l’encontre des écrits fournis au Conseil d’État, et de tous les échanges dans différents formats qui se sont tenus depuis un an, c’est de la dissimulation. Les hypothèses de passer les ITPE anciennement IAM en année courante, ou bien de leur assurer une rétroactivité de leur bascule dans le régime ISS/PSR n’étaient elles que des leurres ?

Tenter de faire croire que le RIFSEEP serait bénéfique pour les agents et compatible avec la particularité des parcours professionnels des agents des corps techniques, c’est nier le bilan délétère sur nos collègues des corps administratifs en dépit des avancées que nous avons obtenues depuis sa mise en place, c’est mettre en péril la valorisation des compétences scientifiques et techniques.

Affirmer comme une avancée le fait de se voir régler sur 6 ans une dette constituée et redevable dans l’année qui suit, en euros constants, et l’intégration de mesures catégorielles d’un montant ridicule dans une part de rémunération variable et non pérenne, c’est une tentative d’escroquerie.

Demander enfin de sauter aujourd’hui les yeux fermés dans la bascule au RIFSEEP en faisant confiance à nos interlocuteurs pour résoudre l’ensemble des problèmes que cela soulèverait et respecter les engagements y compris financiers que personne ne peut garantir à 6 ans, c’est tenter de nous faire croire que les interlocuteurs d’aujourd’hui seront encore là demain…et prendre comme postulat qu’on peut leur faire confiance aujourd’hui. L’opération de siphonnage réalisée dans l’exercice 2019 ISS pour 700 agents au moins démontrent le contraire.

Enfin, est ce tout simplement le moment? La crise sanitaire est loin d’être derrière nous, la revue des missions se décline déjà dans les services, la loi 4D pourrait aboutir à mobiliser les services RH comme jamais. Les priorités ne sont elles pas ailleurs ? L’article paru sur France Info le 5 juillet de témoignages d’agents du ministère et de ses opérateurs résume pourtant assez bien l’état d’esprit dans lequel ils sont.

Pour l’ensemble de ces raisons, les syndicats nationaux FO concernés ont écrit à la ministre (courrier ICI) pour lui demander de retirer ce projet de bascule au RIFSEEP de la filière technique et de poursuivre les échanges initiés dans le cadre de l’agenda social.

FO y portera sa revendication d’un régime indemnitaire réellement revalorisé, versé en année courante et lié au grade, pour les corps concernés.

Car la question qui est posée est de savoir si l’administration assumera dans la durée les mensonges qu’elle aura portés auprès de la ministre, et si la ministre assumera les conséquences de la décision qui en aura découlé.

Décryptage d’un enfumage….