Les agents de la DREAL AuRA le disent haut et fort: il est urgent que l’Écologie devienne réellement une priorité !

Ce jour, mardi 3 décembre 2019, une assemblée générale intersyndicale des personnels de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes s’est tenue à Lyon devant le bâtiment. Une motion a été adoptée par l’ensemble des agents présents.

Vous trouverez ci-après la motion des agents de la DREAL qui a été lue en préalable à l’ouverture du Comité Technique de la DREAL prévu aujourd’hui, et a été adréssée aux ministres Borne et Gourault.

Après avoir écouté les réponses de l’Administration, les représentants du personnel ont décidé de ne pas siéger à l’instance.

Il est urgent que l’Écologie devienne réellement une priorité !

Lyon le 03 décembre 2019,

Motion des agents de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes

Nous, agents de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, tenons à nous adresser collectivement à la
direction, à la ministre de la transition écologique et solidaire Elisabeth Borne et à la ministre de la
cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales Jacqueline Gourault.
Nous dénonçons les baisses continuelles d’effectifs qui se traduisent à la DREAL Auvergne-Rhône-
Alpes par un projet de réorganisation dont l’ampleur connue à ce jour porte sur environ 175 postes, soit
près de 20 % de l’ensemble des postes de notre service qui devraient disparaître d’ici 2021. Ce projet
massif et destructeur porte sur environ 150 postes à supprimer au titre du bilan de la fusion des DREAL
de 2016 et environ 25 postes supplémentaires à supprimer au titre de la reprise de postes dans les
domaines de l’urbanisme, des territoires et de l’amélioration de l’habitat par le ministère de la cohésion
des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Nous ne sommes ni contre le mouvement ni contre le changement. Au contraire, nous sommes pour le
service public et pour une réponse forte et collective aux cris d’alerte de l’opinion publique et des
scientifiques sur l’insuffisance de nos actions. Mais la seule réponse de l’État est d’essayer de
désorganiser un peu plus ses services, largement ébranlés par la fusion des régions en 2016, démarche
complexe et douloureuse qui dure depuis plus de trois années et qui n’est toujours pas finie à ce jour car
nous en sommes encore à valider un règlement intérieur unique à l’échelle de la nouvelle DREAL.
Et aujourd’hui, nous repartons à nouveau dans un cycle de réorganisations en série et de destruction
d’emplois publics, pour répondre à un système qui broie toujours davantage les humains et la nature.
L’ampleur de la réorganisation projetée et le nombre de missions potentiellement en cours d’abandon
nous amènent à nous interroger sur l’extinction probable de la DREAL à plus ou moins court terme.
Nous pensons en outre qu’il n’y a pas de mystère : pour remplir nos missions de service public, il faut
des moyens. La DREAL Auvergne-Rhône-Alpes supporte chaque année depuis sa création, et c’était
déjà le cas avant, des réductions d’effectifs alors que les enjeux, les missions et les attentes des citoyens
en matière d’environnement sont de plus en plus importants. Faire plus, mieux ou même autant avec
toujours moins de moyens ne marche ni à l’hôpital, ni à l’école, ni dans les transports, ni à l’université,
etc. Pourquoi cela marcherait-il à la DREAL Auvergne Rhône-Alpes ?
Diminuer les effectifs de nos ministères de tutelle en général et de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes
en particulier, c’est un choix politique. Un choix de société qui nous inquiète. D’autant plus que le
président de la république Emmanuel Macron se vante sur la scène publique et internationale de vouloir
sauver la planète ou la biodiversité à grands coups de Make our planet great again, alors qu’en coulisses
les gouvernements successifs suppriment année après année les effectifs de nos ministères et
abandonnent les missions.
La question que nous vous posons aujourd’hui, agents de la DREAL, est simple : comment jouer ce
rôle de service public qui est le nôtre dans les domaines de la planification et de l’aménagement à long
terme, de la protection de la population et de la biodiversité, et répondre aux préoccupations vitales
dans le contexte de destruction ministérielle ? Comment mettre en oeuvre les politiques de l’État en
matière d’environnement, d’aménagement durable, de risques, de logement, etc. tout en supprimant
10 % des effectifs du ministère de la transition écologique et solidaire d’ici 2022 et 20 % des effectifs
de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes d’ici 2021 ?
La réponse est tout aussi simple et dramatique : CA N’EST PAS POSSIBLE.
Nous sommes donc aujourd’hui face à une véritable désorganisation de la DREAL, plus lourde encore
que les précédentes, avec son cortège d’inquiétudes, de stress, de souffrance, seulement trois ans après
la fusion des régions dont personne ne peut dire qu’elle a été une grande réussite. La colère gronde et
les risques psycho-sociaux n’ont jamais été aussi menaçants.
Nous décidons donc collectivement, en ce jour de Comité Technique, d’entrer en résistance et nous
invitons les citoyens et nos collègues en Administration centrale, DREAL, DDT, OFB, Parcs nationaux,
IGN, Méteo France, Agences de l’Eau, ADEME, CEREMA à se joindre à la lutte, à dire STOP et à se
faire entendre.
Nous demandons solennellement d’arrêter le démantèlement de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, de
ses missions de service public et de ses compétences. La planète va mal, le vivant s’effondre, et cela
nécessite que l’État engage des réponses et des politiques fortes, en commençant par se donner les
moyens d’agir. Ce ne sont pas seulement les agents que vous mettez en danger par ces politiques
destructrices, mais également l’ensemble de nos concitoyens, la planète et le vivant !
Nous refusons collectivement et individuellement de participer à cette démarche dont l’unique but est
de supprimer des emplois et qui, en ne tenant compte ni des enjeux sociétaux et environnementaux, ni
des préoccupations et situations des agents de l’Etat, va se traduire par toujours plus de souffrances
collectives et individuelles.
Nous envoyons ce jour cette motion à la ministre de la transition écologique et solidaire Elisabeth
Borne et à la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
Jacqueline Gourault.