La crise qu’a connue le Cerema fin 2017 avait conduit à la démission le 4/12/2017 du Président du Conseil d’administration du Cerema, puis du directeur général le 4/12/2019.
Mais les problèmes restent d’actualité…
En effet, les causes de la crise de 2017 ont perduré : la chute vertigineuse des effectifs et la baisse de la subvention d’équilibre. Dans les objectifs assignés au nouveau Directeur général Pascal BERTEAUD nommé le 02/05/2018, figurait d’ailleurs le respect de la trajectoire budgétaire : 5 M€ en moins chaque année (194,7 M€ prévus par le budget 2020 contre 228,8 M€ en 2014) ; 105 agents en moins chaque année pour atteindre la cible de 2400 en 2022 (contre 3300 agents à la création de l’Établissement en 2014).
Cette trajectoire a été inscrite dans un plan de réorganisation paradoxalement intitulé « Cerem’Avenir ». Élaboré sans réelle concertation avec les organisations syndicales, ce plan est resté longtemps flou et ignoré des agents.
Le 5 novembre 2019 les principes de suppression d’activités et de mission ont cependant été dévoilés au cours d’assemblées générales organisées dans les directions territoriales, puis le lendemain au conseil d’administration. Ils ont été à l’origine de risques psycho-sociaux graves, qui se sont manifestés de diverses manières. La comparaison du document diffusé avec l’existant a révélé à beaucoup d’agents que la suppression de leur poste était programmée. Parfois ce sont aussi des pans entiers de l’action du Cerema dont la disparition a été annoncée, alors que les agents y sont fortement attachés. Ce plan est une nouvelle illustration de la duplicité du Gouvernement, qui ne cesse de répéter que l’écologie, la transition énergétique et la solidarité territoriale sont ses priorités, mais qui soumet les organismes publics qui contribuent à l’atteinte de ces objectif à une rigueur toute particulière.
A la suite de la diffusion de ce document et de la traduction chiffrée en termes de postes qui en a été faite par les directeurs territoriaux, plusieurs sites se sont mobilisés, en particulier dans les services dont la suppression des missions et de l’activité, même partielle, soulevait la question de la pérennité de leur implantation.
Cela a été le cas notamment dans les laboratoires de Saint-Brieuc, de Nancy, de Saint-Quentin, de Bordeaux, de Lyon, de Toulouse, au siège de la Direction territoriale Hauts-de-France, etc. Les agents ont manifesté, distribué des tracts aux ronds-points, se sont joints aux mouvements de grèves nationaux actuellement en cours, ont contacté et rencontré les parlementaires de leur région, leur Préfet, ont écrit massivement aux membres du Conseil administration et aux directeur général, parfois en leur nom personnel pour leur faire part de leur désarrois et de leur colère.





En outre, les organisations syndicales unanimes ont boycotté le conseil d’administration du Cerema du 27/11/2019 devant adopter le budget 2020 (cf. déclaration préalable commune). Elles ont appelé à la grève le 5/12/2019 à la fois contre les retraites mais aussi contre Cerem’Avenir. Le taux de participation à la grève a été élevé atteignant 26 %.
Les représentants du personnel ont obtenu, en outre, le lancement d’une expertise externe « risque grave » au titre du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail qui s’est réuni le 28/11/2019 à Saint-Mandé. Ils doivent aussi rencontrer le 16 janvier 2020 Mme Émilie PIETTE, la nouvelle Secrétaire générale du MTES-MCTRCT pour évoquer la situation dramatique du Cerema.

