
Paris, le 5 mai 2025
Le gouvernement annonce, avec tambours et trompettes, vouloir « faire du ménage » parmi les opérateurs de l’État sous prétexte de « simplification administrative ». Déjà placé en première ligne attaques politiques et budgétaires, le pôle ministériel Aménagement du Territoire/Transition Ecologique risque de voir placer en première ligne des victimes expiatoires ses établissements publics – pourtant essentiels pour préparer la France aux défis majeurs de demain : changement climatique, transition énergétique, aménagement durable, biodiversité, protection des ressources naturelles.
La FEETS-FO dénonce cette politique populiste qui consiste à désigner des boucs émissaires pour masquer l’impuissance de l’État à porter une politique publique ambitieuse. Supprimer un établissement public, ce n’est pas économiser, c’est renoncer à des missions fondamentales pour l’avenir de notre société. Fusionner des établissements n’économisera jamais que quelques postes de direction : certainement pas les moyens ni l’expertise indispensable sur le terrain.
Le pôle ministériel MAT/MTE porte des enjeux stratégiques pour la Nation. Ses établissements publics sont des acteurs incontournables (quelques exemples non exhaustifs):
– Le CEREMA, bras armé de l’État pour l’ingénierie publique, accompagne l’État et les collectivités pour adapter routes, infrastructures et urbanisme au changement climatique et préserver les populations des risques naturels.
– Météo-France, en alertant sur les épisodes extrêmes et en affinant la prévision climatologique, protège vies humaines et économie.
– L’Office français de la biodiversité (OFB), le Conservatoire du Littoral et les Parcs Nationaux qui agissent quotidiennement pour préserver nos écosystèmes, sans lesquels aucune transition durable n’est possible.
– Les agences de l’eau, véritables « banques bleues » de l’environnement, qui financent la lutte contre la pollution et l’adaptation au stress hydrique.
– L’ANAH qui constitue le bras armé de l’adaptation de l’habitat aux enjeux de transition énergétique.
– Voies Navigables de France (VNF) qui développe des solutions de transport bas carbone, alternatives à la route, et joue un rôle fondamental de gestion des continuités hydrauliques.
– L’ADEME qui accompagne entreprises et collectivités dans la transition énergétique et écologique, vecteur d’innovation et de compétitivité.
– L’ANCT, quant à elle, qui soutient les projets des collectivités rurales et urbaines, gage d’égalité territoriale.
Derrière chaque sigle, ce sont des missions concrètes et vitales pour les citoyens et pour les générations futures.
Que veulent-ils faire croire ? Que le pilotage de la transition écologique, de l’aménagement durable et de la prévention des risques climatiques se fera en supprimant les ingénieurs, les techniciens, les experts publics ? Qu’on économisera des milliards en supprimant la connaissance, la compétence et le service public ?
La FEETS-FO le rappelle :
– Les opérateurs du MAT/MTE ont déjà subi des coupes sévères : suppressions de postes, fusions, mutualisations. Ils sont exsangues.
– Les effectifs qui ont servi de support à leur mise en place ne sont aucunement issus d’une génération spontanée d’emploi public, mais d’une ponction sur les effectifs ministériels. Les supprimer dogmatiquement aujourd’hui reviendrait à sacrifier une part incontournable de l’écosystème de portage des politiques publiques, en particulier dans sa dimension technique.
– Les missions n’ont jamais cessé d’augmenter, mais avec moins de moyens et dans des contextes de plus en plus complexes (climat, biodiversité, résilience des territoires).
– Réduire les opérateurs, c’est accroître la dépendance aux prestations privées, plus coûteuses et moins pilotables, au détriment de l’intérêt public, c’est une nouvelle fois abandonner les collectivités.
Face à ce discours de faux bons sens, la FEETS-FO exige :
– La défense des établissements publics du MAT/MTE qui ont déjà fait les frais des réformes précédentes, en interface et complémentarité avec les services ministériels ;
– Des moyens humains et financiers renforcés pour permettre aux opérateurs d’assurer leurs missions stratégiques ;
– Une véritable politique de renforcement de l’État opérateur au service des acteurs du territoire, de l’environnement et des citoyens.
La FEETS-FO refuse que les établissements publics du MAT/MTE ne jouent le rôle de carpes silencieuses, ou de lapins effrayés, ni celui de pigeons d’argile du populisme budgétaire du gouvernement.
La FEETS-FO exige des ministres Rebsamen et Pannier-Runacher une défense publique et explicite de leurs opérateurs.