Budgets de l’action sociale, restauration, crèches: au menu du CCAS du 20 mars 2026

En ouverture du Comité Central d’Action Sociale du 20 mars 2026, Force Ouvrière a tenu à souligner un point positif dans un contexte budgétaire particulièrement tendu pour l’ensemble de la fonction publique : l’augmentation de 300 000 euros du budget de l’action sociale ministérielle pour 2026. Cet effort mérite d’être relevé, car il traduit une reconnaissance de l’importance de l’action sociale pour les agents, alors même que l’inflation continue de peser lourdement sur leur pouvoir d’achat. FO a rappelé que cette hausse devait permettre de renforcer notamment les crédits consacrés à la restauration, de soutenir davantage les associations et de stabiliser plusieurs enveloppes utiles à la vie collective. Si cette hausse constitue un signal positif, Force Ouvrière a souligné qu’elle devra désormais trouver une traduction concrète et suffisante pour répondre aux besoins sociaux des agents.

Force Ouvrière a également rappelé que ce signal positif au niveau ministériel ne devait pas masquer une réalité beaucoup plus préoccupante au niveau interministériel. En effet, les orientations actuellement retenues fragilisent fortement le socle de l’action sociale interministérielle et entraînent la suppression de prestations jusqu’alors accessibles à certains agents. FO a insisté sur le fait que l’action sociale reste un outil essentiel de solidarité, d’accompagnement et d’attractivité pour la fonction publique, et qu’elle ne saurait être traitée comme une variable d’ajustement budgétaire.

Sur la question de la restauration, FO a appelé à la plus grande vigilance. Nous avons rappelé que le ministère de l’Intérieur devait prochainement présenter les suites du rapport d’évaluation sur la restauration administrative. Plusieurs éléments contenus dans ce rapport suscitent déjà de fortes inquiétudes, notamment le risque d’un assujettissement généralisé à la TVA des aides au repas. Une telle évolution pourrait avoir pour conséquence d’alourdir considérablement le coût global de la restauration administrative et, à terme, de faire peser un reste à charge plus important sur les agents. FO a été très claire : il n’est pas acceptable que les évolutions en cours se traduisent par une dégradation concrète de l’accès à la restauration pour les personnels. Nous avons aussi pris acte positivement de la solution trouvée pour les agents de Corse-du-Sud, avec le maintien des tickets repas jusqu’à fin 2026, tout en rappelant que les solutions mises en place à partir de 2027 ne devront en aucun cas remettre en cause les acquis existants.

FO a également souhaité remettre en avant les besoins liés à l’accueil de la petite enfance. La crèche ministérielle en administration centrale ainsi que les places disponibles en périphérie répondent à des besoins concrets pour les agents. Pour notre organisation, ces dispositifs doivent être non seulement préservés, mais aussi consolidés et développés afin de mieux accompagner les familles.

Un autre point d’alerte important a porté sur les unités d’accueil de l’action sociale. Force Ouvrière a dénoncé les remises en cause de certaines conventions sans réelle concertation avec les associations concernées ni avec les représentants de l’action sociale. Les situations de Berck-sur-Mer et du Touquet illustrent cette dérive. FO a rappelé avec force son attachement au maintien de ces structures gérées par la FNASCE et les ASCE. Ces unités d’accueil jouent un rôle social majeur : elles permettent à de nombreux agents et à leurs familles d’accéder à des séjours à coût modéré et elles constituent aussi, grâce aux solidarités associatives, un véritable soutien pour les familles en difficulté. Dans une période marquée par les tensions sur le pouvoir d’achat, ce type de dispositif est plus nécessaire que jamais. FO a donc demandé que tout soit mis en œuvre pour préserver ces unités d’accueil et maintenir les conventions existantes.

En réponse, la DRH a confirmé que les efforts budgétaires consentis pour 2026 constituaient, malgré le contexte général, un marqueur fort de l’importance accordée à l’action sociale. Elle a insisté sur le fait que cet engagement budgétaire traduisait une priorité ministérielle réelle. Elle a également rappelé sa présence active, ainsi que celle de ses équipes, dans les différentes instances interministérielles où sont débattues les questions d’action sociale.

S’agissant plus particulièrement de la restauration, la DRH a indiqué avoir pris connaissance du rapport de l’IGA sur la restauration collective et a assuré que le ministère serait particulièrement attentif aux suites qui seront données par le ministère de l’Intérieur. Sur les unités d’accueil, elle a indiqué avoir récemment échangé avec la FNASCE sur ce sujet. Elle a précisé que les équipes intervenaient lorsque certaines initiatives étaient prises localement, afin de rappeler le cadre de gestion qui doit s’appliquer avec la DRH. Elle a également indiqué que la préparation des prochaines conventions pluriannuelles d’objectifs (CPO) serait l’occasion de reposer, sur plusieurs années, la question des priorités à retenir en matière d’action sociale dans un contexte budgétaire contraint.

La DRH a aussi affirmé que ses services restaient mobilisés sur les situations particulières, qu’elles concernent les services du pôle ministériel ou ceux de l’ATE, dans les territoires. Elle a assuré qu’une intervention pouvait être engagée rapidement lorsqu’une difficulté remontait du terrain. Elle a enfin précisé que, lorsqu’un nombre croissant de situations problématiques était constaté, notamment en matière de subventions ou de difficultés touchant les ASCE, le ministère pouvait intervenir plus formellement auprès du ministère de l’Intérieur. Elle a invité les représentants du personnel à continuer de faire remonter les difficultés en temps réel.

Pour Force Ouvrière, cette réponse confirme une mobilisation réelle sur les dossiers évoqués, et FO restera attentive à ce qu’elle s’inscrive dans la durée et continue de produire des réponses concrètes pour les agents. Sur plusieurs sujets, en particulier la restauration administrative et l’avenir des unités d’accueil, nous attendons des garanties, des interventions effectives et des résultats. FO restera pleinement mobilisée pour défendre une action sociale ambitieuse, utile aux agents et respectueuse des acquis existants.

Retrouvez ICI la déclaration liminaire de FO en ouverture de ce CCAS.