Les positions de FO :
Nos ministères font le choix d’adhérer par arrêté à la dématérialisation des bulletins de paye en deux temps sur cette nouvelle année 2019 tout en excluant une partie des personnels. Pourquoi ne pas en exclure la totalité ? FO relève une nouvelle fois une triste motivation de l’administration à vouloir ne plus produire à ses agents les services de proximité dans le domaine des ressources humaines.
Hier, avec le passage en groupe 1 pour la demande de pension de retraite avec toutes les difficultés que représentent une démarche informatique en ligne en particulier pour des générations qui ne sont pas nées dans la grande ère de l’avènement de l’outil informatique et pour certains agents dont l’accès à une messagerie individuelle sur le lieu de travail n’est pas avéré, relève parfois du parcours du combattant notamment pour les personnels d’exploitation et qui plus est à la DIR Massif Centrale. Ces situations particulières, mais connues de l’Administration, ne sont même pas évoquées dans la note de présentation et le projet d’arrêté. Quelles sont donc les dispositions qui seront prises par l’administration ? Existeront-elles ou resteront-elles purement incantatoires en s’en remettant au seul bon vouloir des chefs de service, avec le succès que l’on a déjà pu constater par le passé, au nom de la « sacro-sainte » autonomie de gestion qui leur est accordée ?
Aujourd’hui, l’administration continue cette réduction de production (et au passage les effectifs !) maintenant avec les bulletins de paye pour, citons la note de a DRH, « des gains… attendus en terme de gestion » et « limiter la production de papier ».
La confiance de vos agents dans ces nouvelles procédures n’est pas acquise. D’après les sources du ministère des comptes publics qui a la maîtrise d’ouvrage de ce nouvel espace, créer son onglet « paye » sous l’Espace Numérique Sécurisé des Agents Publics (ensap) amènera chaque agent à introduire sur ce site l’ensemble de ses coordonnées bancaires pour valider l’opération.
Quelle assurance sera donnée par l’administration sur la protection des données ? Pire un piratage comme cela existe dans d’autres domaines d’activités, conduira inévitablement à de nombreuses déconvenues pour les agents et à leur rejet de ces dispositions.
Par ailleurs, mettre à disposition du matériel informatique aux fins d’une sortie papier pour celles et ceux qui sont éloignés des services emplois reste une faible consolation au regard de la représentation humaine lors d’un besoin d’explications ou d’éclairage sur un bulletin de paye qui restera toujours complexe pour un néophyte. Concernant la dérogation pour les agents en situation de congés maladie, il est vrai que lors d’une maladie qui éloigne l’agent de son service, la préoccupation première sera le bulletin de paye.
L’administration se trompe encore, l’agent se préoccupe en priorité de l’amélioration de son état de santé, et bien entendu, il oubliera tout naturellement de faire la demande d’édition papier, alors pourquoi ne pas automatiser ces éditions ?
Pour FO, ces dispositions qui s’enchaînent sous le prétexte que d’autres ministères l’ont déjà fait, demeurent un véritable danger d’individualisation pour chaque agent et traduisent une volonté délibérée de l’administration de ne plus assumer ses responsabilités vis à vis de son personnel et de faire peser la gestion individuellement sur chaque agent.
Le maillage du réseau des ressources humaines de nos ministères est suffisamment fort pour continuer ce service de proximité qui est dispensé depuis des décennies.
A retenir des débats :
Sur le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données), le DRH indique que les données qui sont dans l’outil dématérialisé sont déjà dans les systèmes d’information et donc les agents ont déjà accès aux données qui sont dans ces systèmes d’information. Au niveau de la sécurisation, l’administration estime que les audits de sécurité sont satisfaisants.
Malgré nos relances, le DRH refuse qu’une procédure soit mise en place pour que l’agent en arrêt maladie de longue durée reçoive automatiquement par courrier sa fiche de paye… Qu’importe s’il n’est pas conscient ou hospitalisé ! Le DRH considère qu’il s’agit d’un progrès pour les personnels.