Grève et manifestations du 19 mars : mobilisation réussie

La mobilisation ne faiblit pas pour exiger la hausse des salaires, défendre les services publics et dénoncer la réforme des retraites… Le 19 mars, dans toute la France, les militants du privé comme du public sont descendus en masse dans la rue à l’appel de FO, ainsi que de la CGT, Solidaires, la FSU, et des organisations de jeunesse Unef, UNL et UNL-SD pour se faire entendre à l’issue du grand débat national.

Plus de 150 manifestations ont été organisées dans toute la France, y compris dans des petites villes, pour la journée de mobilisation interprofessionnelle du 19 mars. Cette journée d’action a reçu le soutien des trois quarts des Français, selon un sondage Odoxa. Dans la fonction publique, 88% des agents ont même jugé cette mobilisation « justifiée ».

Depuis plusieurs mois, la question du pouvoir d’achat, des fins de mois difficiles est posée largement, comme celle des services publics, du poids des impôts indirects sur les ménages… et à nouveau, ces derniers jours, de la retraite, alors que le gouvernement laisse entendre que l’âge de départ pourrait être mis en cause au prétexte du Grand débat.

On est passé d’une incitation à retarder l’âge de départ à une nécessité d’allonger la durée du travail… Nous avons immédiatement réagi : Les masques tombent, alors que l’on nous disait qu’on ne toucherait pas à l’âge de départ et que la réforme annoncée n’avait pas pour but de réaliser à nouveau des économies sur les droits à la retraite ! Depuis 1993 les réformes ont contribué à reculer l’âge de départ. D’ores et déjà, l’âge moyen de liquidation des droits à la retraite est passé à 63,3 ans (hors dispositifs de départs anticipés).

FO a rendu publics ses cahiers de revendications, détaillés et argumentés, répondant point par point aux objections que nous opposent le gouvernement ou les employeurs au prétexte de coût de la dépense publique ou de compétitivité.

Nous les avons déposés à l’appui du préavis de grève au gouvernement et nous les avons adressés formellement aux trois organisations patronales interprofessionnelles.

À eux d’entendre. Sur les revendications on ne lâchera pas, car elles sont légitimes.

Augmenter les salaires – le Smic et le point d’indice dans la fonction publique – n’est pas l’ennemi de l’emploi. Préserver le service public, son statut et ses moyens, relève d’un choix de société, celui de l’égalité.

L’aspiration à la justice sociale, qui pose celle de la justice fiscale et du devenir des systèmes solidaires et collectifs de sécurité sociale, fondée sur le salaire différé – la cotisation sociale – ne peut être ignorée au risque de déstabiliser la société dans son ensemble.

Ce 19 mars, nous avons aussi réaffirmé que nous ne céderons rien sur la liberté syndicale et le droit de manifester. Nous avons fait la démonstration de la force du calme et de la détermination. Nous avons aussi réhabilité le débat sur l’action de grève. Bien sûr, elle a un coût. Mais elle demeure efficace : quand l’employeur ne veut pas entendre, cesser le travail ensemble, le même jour, c’est pacifique et efficace pour revenir à la table de négociation.

À nous de convaincre de la force du nombre, car le nombre fait la force !

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