Paris, le 13 septembre 2026
Pendant tout l’été 2026, les agents du ministère de la Transition écologique et de ses opérateurs ont fait le travail. Prévoir les canicules et les sécheresses. Alerter sur le risque d’incendie. Surveiller les crues. Contrôler les sites industriels. Produire les données sans lesquelles aucune politique de prévention ne tient. Assurer la gestion des infrastructures de transport dans des conditions de travail pénibles. Le 11 septembre, le gouvernement les a remerciés en publiant au Journal officiel un décret qui ampute leur ministère de 157,5 millions d’euros. La Fédération de l’Equipement, de l’Environnement, des Transports et des Services – FORCE OUVRIERE (FEETS-FO) représente ces agents et dénonce ce décret.
Le décret n° 2026-857 du 10 septembre 2026 annule 500 millions d’euros de crédits inscrits dans la loi de finances pour 2026. Sur ces 500 millions, 157,5 millions sont pris au seul ministère de la Transition écologique, soit près d’un tiers. Aucun autre ministère n’est frappé à ce niveau. La prévention des risques et la prévision météorologique sont dans la liste. Le même jour, Bercy annonçait le surgel de 783 millions d’euros supplémentaires, dont 160 millions sur l’énergie et le climat, sans qu’aucun texte soit publié.
Le rapport qui accompagne le décret qualifie ces crédits de « réputés non programmés ». Les agents savent ce que cela veut dire. Un recrutement qui n’a pas lieu. Un poste laissé vacant. Un marché repoussé d’un an. Un délai d’instruction qui s’allonge pour les collectivités comme pour les usagers. Ce sont eux qui absorbent le reste, dans des services où la charge ne cesse d’augmenter.
En juin, le gouvernement écrivait que ses annulations portaient exclusivement sur des crédits hors masse salariale. En septembre, il écrit « quasi-exclusivement ». Et pour la première fois, le programme qui porte les personnels et le fonctionnement du pôle ministériel figure dans le tableau annexé. Ce sont les moyens de travail quotidiens des services qui sont visés : déplacements, formation, informatique, entretien des locaux.
Ce décret n’est pas le premier. Deux décrets du 11 juin avaient déjà frappé le même ministère. Sur l’année, ce sont 182 millions d’euros de crédits de paiement qui lui ont été retirés.
La FEETS-FO exige le dégel immédiat des crédits mis en réserve sur le ministère de la Transition écologique et sur ses opérateurs ainsi que le rétablissement des crédits annulés.
Il ne peut pas y avoir de service public de l’environnement sans les emplois et les moyens nécessaires.
Les canicules, les sécheresses et les incendies reviendront l’été prochain et les suivants. Les agents qui les affrontent ne peuvent pas servir de variable d’ajustement.
Contacts : Zaïnil Nizaraly, Secrétaire général, 07 84 26 73 06
Laurent Janvier, Secrétaire fédéral, 06 27 31 17 68