Formation professionnelle : moderniser ne doit pas signifier économiser… ni déshumaniser !

La Commission ministérielle pour la formation professionnelle (CMFP) du 22 septembre 2026 avait deux sujets majeurs à son menu : le bilan de la formation 2025 et la stratégie numérique pour la formation 2026-2029. FO y a ajouté quelques « assaisonnements » bien concrets : conséquences des restrictions sur les déplacements, avances de frais imposées à certains agents, formations nautiques obligatoires refusées localement ou encore devenir du CNAL.

Sur le bilan 2025, FO a choisi de prendre du recul en présentant son FObservatoire de la formation professionnelle 2016-2025. Et le constat mérite attention : 18 234 agents formés en 2016, 18 496 en 2025. Entre-temps, des progrès ont été réalisés, mais l’accès effectif à la formation reste fragile et très sensible aux contraintes budgétaires et organisationnelles. En 2025, le décrochage est net : –15 % d’agents formés, –9 points de taux d’accès et près de –20 % de journées-stagiaires. Les agents de catégorie C restent particulièrement pénalisés.

Face à cette situation, FO revendique notamment la sanctuarisation des crédits de formation et de déplacement, un plan spécifique pour les catégories C, la reconnaissance des formateurs internes, un accès réellement effectif au CPF et au CFP, le maintien d’un équilibre entre présentiel et distanciel et une meilleure évaluation de l’impact de la formation sur les parcours professionnels.

Quant à la stratégie numérique 2026-2029, FO ne refuse évidemment pas les nouveaux outils : formations hybrides, classes virtuelles ou ressources accessibles à distance peuvent apporter de vraies solutions. Mais le numérique doit rester un moyen, jamais devenir une politique d’économies déguisée. Dans un contexte austéritaire, la tentation serait grande de transformer l’équation en : moins de déplacements + moins d’hébergement + moins de salles = moins de dépenses. Pour FO, le choix des modalités doit rester guidé par les besoins pédagogiques et ceux des agents, pas par la calculette budgétaire.

Même vigilance concernant l’intelligence artificielle : elle peut être l’assistante du formateur, jamais son substitut. Car derrière chaque formation doivent demeurer des échanges, de la transmission d’expérience, du collectif et… un formateur. La DRH s’est engagée à présenter en CMFP un point d’étape sur le plan d’action découlant de sa stratégie numérique. FO l’attendra avec une exigence simple : une politique construite à partir des besoins des agents et des formateurs, et non une politique du distanciel « au kilo » !

Retrouvez dans notre compte-rendu l’ensemble des analyses, revendications et réponses obtenues par FO lors de cette CMFP.